11 octobre 2008

Sortie

Arracher les pages avant de les retourner. J'aimerais ne plus jamais les voir.
Les autres n'y peuvent rien si mon doigt à quatre endroits d'un seul geste s'est ouvert.
Ils n'y peuvent rien, rien, rien.
Rien si ma tête d'un seul mot s'est obscurcie. Ils passent. Le temps perdu.
Perdu encore.
Au moment où l'ampoule s'est brisée le gaz précipité vers l'éclat vers les narines. Et tu es ailleurs. Et la surface fait semblant de changer.
Finalement je suis là. J'ai des petits plis dans le foie qu'il est trop tard pour repasser.
Quand j'aspire je tire les bas du ventre vers la dureté de mon regard comme pour l'empêcher de transpirer les déchirements d'antan.
Partout nulle part.
Je me suis regardé dans le miroir et tu sais quoi je suis mort et ce n'est pas nouveau. Et ce n'est pas parce que mes doigts ou mon machin que cela change.
Je sais déjà comme les autres ce qu'il se passera. Rien à voir avec la fatalité, fille, c'est des prémonitions.
Et dedans je me suis déjà vu poser sous une cloche de verre la figurine de cire de la petite danseuse.
Même que je lèche le carreau parce que j'ai trop mal au ventre et que je me suis coupé les bras un peu
Alors on me réveille en sonnant au taudis et quelqu'un (c'est moi) dit : « je vais bien ». Ça n'a pas l'air comme ça ; ils arriveront à tout transformer.
Qui sont-ils pour tenir debout ? Malgré les courbures osseuses et la lueur aux yeux s'éteignant pas mal. Je l'espère, du moins.
J'aimerais que vous mourriez. Mais cela n'arrivera pas.
Ce ne sont jamais les bonnes personnes. Ce n'est pas vous que je voulais voir sourire l'autre jour.
Vous que je préfère toujours quand on vous enterre, et qu'on se dit entre moi en riant que c'est sûr maintenant vous vous moquez un peu moins.
Je n'ai pas encore réussi à ramasser les morceaux de verre. Ce n'est pas rien une cloche qui casse, une danseuse qui tombe.
Ne t'ai-je pas encore dit que je connaissais des lieux où, je le jure, il est possible de définitivement chaparder le repos ?
Mais la porte est fermée, et, enfin, ça, tu le sais.

Posté par greenhand59 à 01:49 - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur Sortie

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    “La poussière; peu à peu nous brûle
    La voix; et fuit ainsi
    le goût de porter à la bouche
    La lumière mise à nu.
    Ce qui manque ici ce sont des bras ouverts
    au fond de l’eau; une ardeur dans la cendre.“

    Eugenio De Andrade

    Posté par Heela, 15 octobre 2008 à 22:09 | | Répondre
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